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Les mesures préventives avant l'ouverture d'une procédure collective en agriculture

Les mesures préventives avant l'ouverture d'une procédure collective en agriculture

Publié le : 16/01/2026 16 janvier janv. 01 2026

L’exercice d’une activité agricole repose sur des équilibres économiques fragiles, du fait d’une exposition aux aléas climatiques, sanitaires et conjoncturels.
Avant que de telles difficultés ne conduisent à l’ouverture d’une procédure collective, le droit français met à disposition des exploitants agricoles plusieurs instruments préventifs destinés à restaurer la viabilité de l’exploitation.
Souvent confidentiels et peu contraignants, ces dispositifs visent à traiter les tensions de trésorerie, à réaménager les dettes et à préserver la continuité de l’activité, mais leur mise en œuvre suppose une anticipation rigoureuse et une lecture éclairée des dispositifs juridiques applicables.

 

La prévention des difficultés : un enjeu stratégique pour les exploitations agricoles


Le droit des entreprises en difficulté poursuit pour objectif d’éviter l’état de cessation des paiements, situation définie à l’article L 631-1 du Code de commerce, et laquelle constitue le seuil déclencheur du redressement ou de la liquidation judiciaire.
En agriculture, cette logique est renforcée par la reconnaissance des contraintes structurelles propres aux exploitations, notamment la saisonnalité des revenus et la dépendance aux marchés agricoles.

La mobilisation précoce de mesures préventives a pour but d’éviter de préserver la valeur économique de l’exploitation agricole et d’éviter une judiciarisation brutale des difficultés. Une analyse financière approfondie, combinée à une stratégie juridique adaptée, constitue un levier déterminant pour maintenir l’activité et protéger le patrimoine professionnel de l’exploitant.

Dans cette phase sensible, l’accompagnement d’un avocat sensibilisé tout à la fois au droit des entreprises en difficulté et au droit rural, permet de qualifier juridiquement la situation et de sécuriser les premières démarches, sans alourdir inutilement le processus.

 

Le règlement amiable agricole : un dispositif spécifique


Outil spécifique, le règlement amiable agricole, prévu aux articles L 351-1 et suivants du Code rural et de la pêche maritime, permet à l’exploitant qui rencontre des difficultés financières sérieuses, qui ne sont pour autant pas irrémédiables, de solliciter l’intervention du président du tribunal judiciaire.

Ce dispositif favorise la négociation avec les créanciers, sous l’égide d’un conciliateur. Il permet notamment d’obtenir une restructuration des dettes professionnelles, la suspension des poursuites individuelles, ou encore de préserver des relations commerciales essentielles à l’exploitation.

 

Les procédures préventives de droit commun applicables à l’agriculture


Les exploitations agricoles en difficulté peuvent bénéficier du mandat ad hoc, institué par l’article L 611-3 du Code de commerce, mécanisme particulièrement adapté aux exploitations confrontées à des déséquilibres ponctuels de trésorerie.
Dans le cadre de cette procédure confidentielle et souple, le dirigeant agricole conserve l’intégralité de ses prérogatives, tandis qu’un mandataire est désigné pour faciliter les discussions avec les partenaires financiers.

La conciliation, quant à elle (article L 611-4 du Code de commerce), s’adresse aux exploitants qui rencontrent des difficultés avérées, sans être en cessation des paiements depuis plus de quarante-cinq jours.
Ce dispositif permet d’aboutir à un accord homologué ou constaté, qui vient sécuriser juridiquement les engagements pris par les parties et renforçant la crédibilité financière de l’exploitation.

 

Les dispositifs d’accompagnement financier et institutionnel


La médiation du crédit aux entreprises, accessible aux exploitants agricoles, figure parmi les dispositifs qui facilitent le dialogue avec les établissements bancaires en cas de refus ou de dénonciation de concours financiers.

Enfin, certaines mesures conjoncturelles, mises en place par les pouvoirs publics, peuvent inclure des reports d’échéances fiscales ou sociales, des garanties publiques via Bpifrance, ou encore le bénéfice d’aides sectorielles spécifiques.
 

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